   Séries, documentaires, programmes jeunesse… Retrouvez les recommandations
   de Libération pour savoir quoi regarder sur vos écrans cette semaine.

  Pour dépasser le tabac

   Vape Wave (documentaire, 1h28, Planète+)

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   Pendant quelques jours, le doute a plané : l’Etat comptait-il vraiment
   légiférer contre la cigarette dans les films français, que ce soit via une
   interdiction pure et simple ou via un système de «punition» (coupe des
   aides CNC, par exemple) pour les longs-métrages qui sentent le mégot ? Si
   le rétropédalage de la ministre Buzyn n’en est pas vraiment un (elle
   n’avait jamais clairement menacé le septième art), la polémique a le
   mérite de pointer la (sur)représentation clopesque sur écran. Et si, comme
   c’est le cas dans la vie quotidienne, on voyait progressivement les
   cigarettes électroniques remplacer les tiges nicotinées authentiques ? Que
   ceux qui mettraient en doute le potentiel cinématographique des vapoteuses
   se ruent sur Vape Wave, documentaire militant signé Jan Kounen, ex-fumeur
   reconverti à la vape dont les images magnifient les volutes de vapeur
   recrachée.

   Si le film du réalisateur de Dobermann et 99 Francs part un peu dans tous
   les sens, il a le mérite de défendre avec une passion contagieuse ce qui
   semble, de loin, être le meilleur et plus sain substitut à la clope, n’en
   déplaise aux mesures restrictives imposées en France à son égard. Financé
   en partie via crowdfunding, le documentaire a été présenté par Kounen à
   travers toute la France lors de projection tenant quasiment de
   l’évangélisation. Disponible en VOD/DVD, il a été diffusé cette semaine
   sur la chaîne Planète+, qui le rediffusera les 25/11, 30/11 et 02/12
   prochains. (Alexandre Hervaud)

  Pour écouter parler un génie

   Dans la tête d’Alan Moore (websérie documentaire, 8x5min, Arte Creative)

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   Le week-end dernier, Libération publiait un portrait de der consacré à
   l’auteur britannique Alan Moore, connu pour ses BD cultes (V pour
   Vendetta, Watchmen, From Hell), à l’occasion de la sortie de son deuxième
   roman, le pavé Jérusalem. En attendant l’imminente sortie d’une version
   longue de son entretien avec Libé, on pourra se replonger dans les
   épisodes d’une websérie documentaire d’Arte Creative en 8 épisodes
   consacré au maître. Brexit, magie, Anonymous font partie des sujets
   discutés avec le maître au fil de ce programme sobrement intitulé Dans la
   tête d’Alan Moore. (A.H.)

  Pour honorer la mémoire d’une icône queer

   The Death and Life of Marsha P. Johnson (docu, 1h45, Netflix)

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   Marsha, la «Rosa Parks du mouvement LGBTQ». Marsha «la prostituée,
   l’actrice et la sainte, modèle d’Andy Warhol» ou encore Marsha l’élaborée,
   la radicale, «avec ses plumes et ce maquillage qu’elle ne mettait jamais
   bien». «Queen Marsha» a été retrouvée morte dans l’Hudson en juillet 1992,
   alors qu’on la voyait encore parader dans les rues de Greenwich Village
   quelques jours auparavant. Un choc glaçant. Là où son corps a été repêché
   puis ingratement déposé, les sans-abri ont constitué le lendemain un
   mémorial de bouteilles et de plantes qui délimitent les contours de
   l’absente.

   Marsha P. Johnson de son nom complet, icône queer, femme transgenre noire
   américaine et emblème de la lutte pour les droits des LGBTQ avait été
   l’une des premières à s’engager lors des émeutes de Stonewall à New York,
   en 1969 : «C’est la révolution. Dieu merci.» Marsha était une fleur
   souriante au parfum d’espoir. Le documentaire The Death and Life of Marsha
   P. Johnson du cinéaste David France relate l’enquête de l’activiste
   Victoria Cruz, membre de l’organisation Anti-Violence Project à New York
   qui, avant de prendre sa retraite, réclame que lumière soit faite sur la
   disparition de l’icône […] Lire la suite de la critique de Jérémy Piette
   sur Libération.fr

  Pour Michel Vuilermoz (et rien d’autre)

   Alphonse President (série, 10x26, OCS Max)

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   Un temps baptisée French Touch, la série Alphonse Président est le dernier
   né des programmes originaux made in OCS. On savait les budgets de la
   chaîne bien moins généreux que ceux de Canal+ (voire que ceux de France 3
   Limousin), et cette série le prouve à nouveau régulièrement, notamment
   lors d’une scène de conférence de presse alternant plans larges d’une
   authentique conf' à l’Elysée période François Hollande et plans serrés
   d’acteurs filmés dans un château des Pays de la Loire où a eu lieu le
   tournage. Le principal atout (et quel atout) de cette série écrite et
   réalisée par Nicolas Castro (Des lendemains qui chantent, 2014) réside
   dans son interprète principal, Michel Vuillermoz.

   Dans le rôle d’un sénateur ringard devenu par un concours de circonstances
   président de la République, ce pensionnaire de la Comédie-Française et
   complice d’Albert Dupontel fait des merveilles, notamment lorsque le
   scénario lui prête des répliques enflammées typiques de la langue de bois
   politicienne – pas étonnant qu’il brasse du vent, son personnage de prof
   d’histoire retraité s’appelle Alphonse Dumoulin. C’est lorsqu’il n’est
   plus à l’écran que les choses se gâtent : si Jean-Michel Lahmi (de la
   bande d’Edouard Baer) fait le job en grand patron des flics, difficile de
   croire une seconde à Nabiha Akkari dans le rôle de la Première ministre –
   et pas uniquement parce que l’idée d’avoir une femme trentenaire issue de
   la diversité à Matignon sonne hélas comme un doux rêve en 2017. Si, en
   matière de fiction politique sérieuse, un Baron Noir n’a pas grand-chose à
   envier à un House of Cards, côté comique la France est encore loin d’avoir
   son Veep. Gageons que la génération LREM saura largement inspirer des
   scénaristes moqueurs. (A.H.)

  Pour les coulisses d’un tournage dément

   Jim & Andy (documentaire, 1h33, Netflix)

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   A la sortie de Man on the Moon (2000), le magnifique film de Milos Forman
   consacré à Andy Kaufman – comique et génie de la performance absurde mort
   en 1984 –, le cinéaste et les acteurs insistaient dans chaque interview
   sur l’incroyable comportement de Jim Carrey pendant le tournage : il
   aurait été comme possédé par Kaufman, se prenant pour lui 24 heures sur
   24. Certains affirmaient même ne jamais avoir eu l’impression que l’acteur
   était présent, tant son modèle avait littéralement pris sa place. Nous en
   avons aujourd’hui la preuve en images car tout cela avait été filmé par
   Bob Zmuda et Lynne Margulies, l’ancien complice et la veuve de Kaufman.

   Dans le passionnant Jim & Andy : the Great Beyond, disponible sur Netflix,
   Chris Smith a monté ces documents inédits parallèlement à un entretien
   dans lequel Jim Carrey revient sur cette expérience unique. Lire la suite
   de la critique de Marcos Uzal sur Liberation.fr

  Pour un trip sibérien en totale autarcie

   Braguino (documentaire, 50min, Arte)

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   La querelle peut se trouver derrière toutes les portes, y compris celle de
   l’exil. On a beau croire avoir tourné le dos à tout, à cette inclination
   humaine à nourrir sa propre haine, l’allergie peut regermer fissa sur une
   peau qui frissonne à l’approche de ce voisin que l’on ne comprend pas.
   Issu d’une lignée de vieux-croyants orthodoxes russes, Sacha Braguine a
   pris sa famille sous le bras, loin de toute autre présence humaine en
   taïga sibérienne. Un autre groupe, les Kiline, a décidé d’en faire de même
   et de s’installer de l’autre côté de la rivière. Qui est arrivé en premier
   ? Qui menace l’autre ? L’histoire de l’impossible communauté peut
   commencer.

   La lecture d’Ermites dans la taïga (1992) de Vassili Peskov, authentique
   récit sur la famille Lykov opérant une migration similaire en 1938, a
   poussé l’artiste Clément Cogitore à rencontrer les Braguine, puis à se
   faire témoin de la bisbille de voisinage en 2016. Il en est revenu avec un
   nouveau film d’une cinquantaine de minutes : Braguino, soutenu par le prix
   Le Bal de la jeune création avec l’ADAGP.  Le documentaire y frôle son
   déguisement fictionnel, tant ce qui s’y déroule convoque une dramaturgie
   comme invoquée par on ne sait quel rituel vaudou […] Lire la suite de la
   critique de Jérémy Piette sur Liberation.fr, le film diffusé cette semaine
   sur Arte est visible en intégralité ci-dessus.

  Pour un thriller tiré de faits réels

   6 Days (film, 1h34, Netflix)

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   Fin avril 1980, l’ambassade d’Iran à Londres a été le théâtre d’une prise
   d’otages largement médiatisée : une trentaine de personnes ont ainsi été
   retenues pendant six jours par des soldats iraniens dissidents exigeant la
   libération de 91 prisonniers. Avec Margaret Thatcher au 10 Downing Street
   à l’époque, pas question pour l’Angleterre d’avoir l’air mou du genou sur
   la réponse à apporter à cette crise scrutée par les caméras du monde
   entier. Le SAS (Special Air Service) est sur le coup : l’opération Nimrod
   se met en place pour prendre d’assaut l’ambassade.

   Inspiré par cet épisode, 6 Days de Toa Fraser (The Dead Lands, 2014) est
   un thriller carré pouvant compter sur l'autorité naturelle de Mark Strong
   (Kingsman) ici recyclé en flic londonien et sur la néo-badass attitude de
   Jamie Bell, bien loin du freluquet danseur de Billy Elliot puisqu'on le
   retrouve ici en soldat chargé d’organiser l’opération de secours.
   Attention, la bande-annonce ci-dessus dévoile à peu près l’intégralité des
   scènes d’action du film. (A.H.)

   Alexandre Hervaud , Jérémy Piette
